En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour assurer le bon fonctionnement de nos services.
En savoir plus

La scolarisation des élèves handicapés (U.L.I.S.)

Scolarisation des élèves handicapés (U.L.I.S.)

Par Administrateur deterrenoire, publié le mardi 25 mai 2010 15:07 - Mis à jour le mercredi 24 septembre 2014 16:40
Dispositif Unité Localisée d'Inclusion Scolaire (U.L.I.S.)
Enseignant Coordonnateur : Mr Thierry Jacquier (thierry.jacquier@ac-lyon.frCette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. )


Accueil

La finalité de l'ULIS et les modalités de scolarisation

La collaboration avec les Professeurs

La mission des AVSco

L'évaluation

La notation

La vie scolaire

L'orientation

Accueil

Chaque année, l'Unité localisée d’Inclusion scolaire du collège Aristide Briand accueille de 12 à 15 élèves en situation de handicap de la 6èmeà la 3ème.
Tous ont été orientés en ULIS sur notification de la Maison Départementale des Personnes Handicapés (MDPH) de la Loire (Maison Loire Autonomie).

Les handicaps représentés concernent les troubles des fonctions cognitives (au sens très large de l'acceptation!) : une majorité de troubles intellectuels et cognitifs, de troubles électifs du langage oral ou écrit (dysphasie et dyslexie), quelques troubles des conduites et du comportement, troubles moteurs (dyspraxie) et des troubles envahissants du développement (autisme).

La finalité de l'ULIS et les modalités de scolarisation

Les élèves sont inscrits et scolarisés par doublettes dans les classes.

Ils sont scolarisés dans des sections en décalage d'un an par rapport à leur âge (12 ans en 6ème...), quelque soit leur niveau scolaire.

Le risque évident consisterait à laisser s’installer un effet « kyste » dans la classe de référence. Il conviendra donc de rester vigilant et de séparer les deux élèves de chaque doublette tout en veillant à ce qu’ils ne soient pas trop éloignés. Ils pourront ainsi côtoyer les autres élèves de la classe et les interventions de l’AVSco seront facilitées.
Par ailleurs, ce mode de scolarisation présente à mon sens de nombreux avantages pour les élèves que pour la collaboration avec professeurs :

  • les élèves sont moins « stressés » lors des temps d’inclusion et des déplacements dans le collège ;

  • en cas d’absence ou d’oubli (forcement très fréquents !), il est plus aisé de récupérer dans l’urgence des informations ou documents auprès de l’autre élève ;

  • la préparation des contrôles des professeurs et le retour sur les cours s’en trouvent facilités ;

  • les regroupements en ULIS de tous les élèves d'un niveau de classe sont plus fréquents.

  • Les interventions des AVS sont « optimisées » (1h AVS pour 2 élèves)

 

La finalité première de la scolarisation de ces élèves au collège est de leur apporter la « culture scolaire » commune aux élèves de leur tranche d'âge, au plus proche des conditions ordinaires.

La scolarisation en classe ordinaire représente en moyenne 50% du temps de scolarisation des élèves, avec un maximum à 65% et un minimum à 30%.

En général, les élèves sont scolarisés dans leur classe de référence dans tous les cours, sauf en Français, maths et Anglais... (avec quelques aménagements pour certains élèves en fonction de leur niveau scolaire et de leur capacité à supporter le charge de travail...)

 

Elle peut donc s'envisager selon quatre grandes modalités hiérarchisées ainsi, non pas dans un ordre quantitatif en temps de scolarisation, mais dans un ordre de priorités à rechercher :

1)      L'élève est capable de suivre en autonomie totale un cours avec sa classe de référence. Le professeur différencie et adapte seul son enseignement... (EPS... arts plastiques... )

 

2) L'élève est capable de suivre un cours avec sa classe de référence, mais le professeur différencie et adapte son enseignement avec l'enseignant coordonnateur d'ULIS...ils tendent à « l'accessibilisation » des cours et contrôles en prenant en compte les déficiences ou  incapacités liées au handicap. (Sciences... Hist-Géo... Techno... LV2...)

 

3)      L'élève est capable de suivre un cours avec sa classe de référence, mais il doit bénéficier d'une aide humaine (AVSco). Il devra certainement retravailler ce cours au sein du dispositif  ULIS, dans lequel il pourra trouver des outils de compensation du handicap et améliorer ainsi son autonomie.


4)      L'élève est capable de bénéficier des enjeux « culturels » des apprentissages abordés par ses pairs, mais uniquement au sein du dispositif  ULIS. L'enseignant coordonnateur de l'ULIS assure l'enseignement sur la base du manuel utilisé dans le collège et/ou du cours proposé par le professeur de la classe de référence . (Sciences... Hist-Géo... Techno...)

 

5)      Du fait du décalage trop important entre les compétences « instrumentales » ou « fondamentales » (lire, écrire, compter,…) de l'élève handicapé et les compétences attendues en classe de référence, certaines disciplines ou certains chapitres ne pourront pas être abordés. L'enseignant coordonnateur de l’ULIS pourra proposer à l'élève des supports et situations d'apprentissage relevant des niveaux scolaires précédents, et visant à renforcer ces compétences dites « instrumentales ».(Français, Maths, Anglais...)

Bien entendu, dans tous les cas, il ne s'agit pas de prétendre atteindre un niveau de performance identique à celui des autres élèves, mais bien d’offrir à ces élèves une « culture  scolaire » la plus large et équilibrée possible. « Culture scolaire » à laquelle tous les élèves ont droit, quel que soit leur handicap.

 

Par ailleurs, précisons que tous les aspects de la scolarité en ULIS s’articulent autour de la déclinaison suivante :

  • L’élève réussit seul, sans outils et sans aide humaine directe. (autonomie complète)

  • L’élève réussit seul mais avec outil d’aide personnel adapté (par exemple un outil mémoire ou tableau d'écriture des nombres) et sans aide humaine directe. On peut évoquer ici une logique de « compensation ».

  • L’élève réussit avec un outil d’aide et adaptation du support original (par exemple la transformation d’un contrôle en QCM), sans aide humaine directe. On peut évoquer ici une logique d’  « accessibilisation ».

  • L’élève réussit avec outil d’aide et/ou adaptation du support, et avec aide humaine directe.

L’aide humaine (enseignant, AVS, pair...) peut s’inscrire dans une logique de « compensation » et/ou d’ « accessibilisation ».

  • L’élève n’est pas « immédiatement » en situation de réussir, malgré les aides citées précédemment…

 

Au sein de l’ULIS, les mathématiques et le français sont abordées suivant deux modalités distinctes :

- les enjeux « culturels » sont en lien direct avec les programmes de la classe de l’élève, par exemple : le théorème de Pythagore en mathématiques ou le genre épistolaire en littérature pour la classe de 4ème

- les apprentissages « instrumentaux » (par exemple les règles de fonctionnement de la langue) sont déclinés sur trois niveaux couvrant les paliers du socle commun, Palier1 (fin de CE1), Palier 2 (CM2) et Palier 3 (collège).

L’anglais, quant à lui est enseigné sur la base des programme de l’école primaire (niveau A1) avec un tuilage du programme de 6ème (A1+)

 

En règle générale, les situations d’apprentissage ont en général une forme stable. En effet, des dispositifs pédagogiques « routinisés » rassurent les élèves, les aident à structurer leurs apprentissages et à contenir leur stress. Il s'agit de poser un cadre « structurant, rassurant, contenant... »

La collaboration avec les professeurs
 

Le bon fonctionnement du dispositif repose avant tout sur une bonne collaboration de l'enseignant coordonnateur avec les professeurs. En effet, si ces derniers peuvent lui transmettre dans des délais raisonnables (environ une semaine auparavant) les documents (cours et évaluations) utilisés en classe, le coordonnateur a le temps de les adapter, de construire et tester des outils d'aide efficaces et d'aider les élèves à se les approprier. C'est à cette condition que nous pouvons espérer faire acquérir aux élèves un maximum d'autonomie dans leurs apprentissages disciplinaires.

En effet, le cours étant déjà écrit (adapté) et à coller dans le cahier, les élèves sont disponibles pour l'écoute et la compréhension... de plus, l'AVS peut se concentrer exclusivement à un étayage « cognitif » (Analyse, synthèse, mémoire de travail, modélisation des concepts...)
Des synthèses (institutionnalisées ou souvent informelles) avec les enseignants, direction, service santé et social, ou Vie Scolaire, sont proposées tout au long de l'année. Les AVSco sont associés à ces réflexions.


La mission des AVSco
 

La mission première des Auxiliaires de Vie Scolaire est d’accompagner les élèves dans les classes. Ils (elles) peuvent les aider dans toutes les tâches auxquelles ils sont confrontés : la lecture, la prise de notes, l'organisation et le balisage de la tâche, l'utilisation des outils d'aide, le soutien et les encouragements, les relations directes avec les enseignants...

Ils (elles) peuvent aussi aider à la scolarisation des élèves au sein du dispositif ULIS :

- préparation aux cours ou aux contrôles ;

- aide aux devoirs ;

- éventuellement charge d'enseignement sur la base de cours préparés par l'enseignant coordonnateur.

Bien entendu, ils (elles) participent étroitement à la collaboration entre les professeurs et l'enseignant coordonnateur.

  L'évaluation
 

En règle générale, l’évaluation des élèves de l’ULIS est construite en regard des critères du document GEVASCO, soit en regard d’un accès plus ou moins grand à l’autonomie.

En effet, si le niveau scolaire « instrumental » est effectivement pris en compte, l’évaluation se décline sur trois niveaux horizontaux.

L’élève peut valider une compétence :

  • seul, sans outil et sans aide humaine.

  • seul avec outil(s) d’aide autonome(s) (leçon disponible, outil mémoire, prêt de l’écrit, prêt de la lecture…)

  • avec outil et aide humaine.

  • n'est pas en mesure de valider dans l'immédiat

L’évaluation peut donc être envisagée selon plusieurs modalités différentes.

Elle peut se passer :

- dans la classe de référence :

- avec les autres élèves et strictement dans les mêmes conditions ;

- avec un allègement de la tâche

- avec une pré-lecture de l’évaluation au sein du dispositif ULIS ;

- avec la possibilité d’utiliser les outils mémoire construits et « routinisés » au sein du dispositif ULIS ;

- avec une réécriture du texte et une adaptation des questions avec réduction des champs de liberté (QCM, prêt de la forme écrite…) ;

 

L’objectif est ici de repérer si l’élève est vraiment autonome avec les outils dont-il dispose, ou s’il est dépendant d’une aide extérieure humaine. Cette procédure, avec quelquefois une aide humaine maximale, permet à un élève en très grande difficulté de « réussir » quand même :

 

 

 

Les modules d’apprentissages sont constitués à partir d’un thème du programme de la classe de l’élève, mais sont déclinés par compétences du socle commun, sur l’ensemble des paliers (P1, P2 et P3 lui-même décliné par classe du collège)

 

Au sein du dispositif ULIS (Maths Français, Anglais), les élèves peuvent être évalués, en fonction de leur niveau en référence à l'un des 3 paliers du socle (généralement Palier 1 et 2...)

Cette évaluation, certes « quantitative » (pourcentage de réussite d'une compétence du socle) est aussi « qualitative »...

En effet, il s'agit de noter systématiquement, pour chaque situation, de noter et archiver le niveau d'autonomie exposer précédemment (seul, outils, aide humaine, …)

Cette double évaluation permet de mesurer réellement l'impact et la prise en compte de la situation de handicap.

 

La notation

Pour ce qui est de la notation, on peut accepter que toutes les évaluations, quelles se déroulent dans la classe ou au sein de l’ULIS, si le document de référence est celui de la classe et que l’aide humaine se limite à la lecture, l’écriture et l’organisation et/ou le balisage de la tâche, soient notées et comptabilisées dans les bilans institutionnels.

Par contre, si l’évaluation, en plus des outils et adaptations, nécessite une aide humaine plus conséquente : aide à la réponse, la note ne sera pas prise en compte dans les bilans institutionnels, mais rajoutée sur le bulletin avec la spécificité « note ULIS ».

Il s’agit ainsi de ne pas fausser la perception que l’on pourrait avoir des résultats scolaires de l’élève, dans leurs rapports aux résultats moyens des élèves de la classe d’âge.

Cette notation « ULIS », au delà du niveau de l’élève, intègre aussi sa capacité à être autonome dans les apprentissages, avec ou sans outils d’aide.

 

Au sein du dispositif ULIS, les élèves sont notés à partir de deux paramètres :

  • ce qu'il a réalisé seul et sans outils,

  • ce qu'il a réalisé seul avec outil d'aide

  • ce qu'il a réalisé avec un aide humaine soutenue

La note finale prend en compte le travail en autonomie totale majoré des réussites avec outils d'aide prises en compte pour moitié. (10/20 seul et 18/20 avec outils donne une note finale de 14/20)

Au final, les élèves ont quasiment toujours la moyenne (« sociale ») de 10/20, ce qui les réconforte et les encourage à travailler et progresser.

Ils ont régulièrement des notes supérieures à 15/20, seuil de validation de la compétence...

La situation de Handicap est donc bien prise en compte par la mesure de l'autonomie dans les apprentissages.


La vie scolaire
Une scolarisation réussie passe autant par des enseignements adaptés que par une socialisation réussie. En effet, les élèves du dispositif ULIS sont avant tout des élèves et participent pleinement, comme les autres élèves, à la vie du collège. Ils ont donc les mêmes droits mais aussi les mêmes devoirs. Évidemment pour certains d'entre eux, il conviendra de les accompagner dans ces apprentissages sociaux, voire proposer quelques aménagements. Des outils d’aide à l’autonomie peuvent aussi être envisagés dans ce domaine (fiches de suivi, modalités de sanctions « symboliques » plus que « punitives »...)

Une collaboration étroite est donc entretenue entre le personnel de vie scolaire, et en premier lieu le/la CPE, et l'enseignant coordonnateur.

  Les services de soins

Les services de soins intervenant auprès des élèves sont en relation constante avec l’enseignant coordonnateur, évidemment avec l’accord des familles.

Ils peuvent être amenés à intervenir sur le temps scolaire, voire au sein même du collège, après concertation avec l’enseignant coordonnateur et évidemment accord du chef d’établissement.

Il est évidemment systématiquement conseillé de choisir des plages horaires ne compromettant pas la scolarisation des élèves dans leur classe de référence.


L'orientation
En fin de troisième, la majorité des élèves de l'ULIS passent et réussissent le CFG (Certificat de formation générale).
Le niveau requis en contrôle continu est la validation des compétences du Palier 2 du socle commun en Français et Mathématiques.
Les élèves préparent un dossier (rapport de stage, fiche métier et exposé sur un thème de vie sociale, santé, environnement...) qu'ils soutiennent à l'oral.
L'orientation se fait soit :
- en ULIS Lycée Pro pour une année de détermination avant le choix d'un champ professionnel.
- en Lycée pro, généralement avec accompagnement AVS
- en Centre de formation d'apprentis
- en MFR
- ...